Rémunération du dirigeant de SASU en 2026 : salaire, dividendes ou stratégie mixte ?
Rémunération du dirigeant : en 2026, le président de SASU arbitre entre un salaire, coûteux en cotisations mais protecteur, et des dividendes, taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % après impôt sur les sociétés. Aucune formule n'est gagnante dans tous les cas. Le bon choix dépend du bénéfice, des besoins personnels, de la retraite visée et du statut social (assimilé salarié ou travailleur non salarié). Voici les règles, les ordres de grandeur vérifiés et des exemples chiffrés.
- Le président de SASU est assimilé salarié : les cotisations représentent environ 75 à 80 % de sa rémunération nette, sans assurance chômage.
- Le gérant majoritaire de SARL ou d'EURL est travailleur non salarié (TNS) : ses cotisations tournent autour de 45 à 50 % du revenu net.
- Depuis le 1er janvier 2026, les dividendes supportent un PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux).
- L'impôt sur les sociétés reste à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME éligibles), puis 25 %.
- Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) 2026 est fixé à 48 060 €, soit 4 005 € par mois.
Rémunération du dirigeant : président de SASU ou gérant majoritaire, deux régimes sociaux
La rémunération du dirigeant obéit d'abord au statut social, lui-même fixé par la forme de la société. Le président de SAS ou de SASU relève du régime général comme assimilé salarié. Le gérant majoritaire de SARL, ou l'associé unique gérant d'EURL, relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), géré par l'Urssaf pour le recouvrement.

Selon Bpifrance Création, pour 30 000 € de revenu net, un TNS coûte environ 45 000 € à l'entreprise, contre environ 54 000 € pour un assimilé salarié. Cet écart explique pourquoi la question du statut se pose dès la création : notre guide sur le choix du statut juridique détaille ce point.
| Critère | Président de SASU | Gérant majoritaire (SARL, EURL) |
|---|---|---|
| Régime social | Assimilé salarié (régime général) | Travailleur non salarié (TNS) |
| Cotisations sur la rémunération | Environ 75 à 80 % du net | Environ 45 à 50 % du net |
| Assurance chômage | Non | Non |
| Cotisations sur dividendes | Non (prélèvements sociaux seulement) | Oui, au-delà de 10 % du capital, primes et comptes courants |
| Rémunération nulle | Aucune cotisation | Cotisations minimales possibles |
Le salaire du président : coût réel des cotisations en 2026
Un salaire versé au président de SASU supporte des charges patronales et salariales proches de celles d'un cadre, hors assurance chômage. En pratique, il faut compter environ 1,8 € de coût total pour 1 € net versé. Ce salaire est une charge déductible du résultat imposable à l'IS, à condition de correspondre à un travail effectif et de ne pas être excessif.
- Cotisations retraite de base et complémentaire Agirc-Arrco : elles ouvrent des droits proportionnels.
- Couverture maladie, maternité, invalidité et décès du régime général.
- Validation de trimestres : en 2026, 1 803 € de salaire brut valident un trimestre (150 fois le Smic horaire), dans la limite de 4 par an.
- Côté impôt sur le revenu, le salaire est imposé au barème après abattement de 10 % pour frais professionnels.
Les dividendes : PFU à 31,4 % et effet de l'impôt sur les sociétés
Les dividendes ne sont pas une charge : ils sont prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Le taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 M€ et le capital entièrement libéré, puis le taux normal de 25 %, comme le rappelle la fiche Impôt sur les sociétés de Service-Public.

Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux sur les dividendes atteignent donc 18,6 %, et le PFU 31,4 %. L'option pour le barème progressif reste possible, avec un abattement de 40 %, mais elle est globale pour tous les revenus mobiliers de l'année.
Point de vigilance en SARL et EURL : pour le gérant majoritaire, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associés est soumise aux cotisations TNS. Ce piège disparaît en SASU, ce qui rend les dividendes plus attractifs pour le président.
Exemple chiffré 2026 : trois façons de distribuer 80 000 € de bénéfice
Prenons une SASU de conseil éligible au taux réduit, qui dégage 80 000 € de résultat avant rémunération du dirigeant. Les montants sont des ordres de grandeur (ratio de 1,8 entre coût et net) destinés à comparer les options, avant impôt sur le revenu du salaire. Un calcul précis exige votre fiche de paie réelle et votre taux marginal.
| Scénario | Coût salaire | IS | Dividendes nets de PFU | Total perçu |
|---|---|---|---|---|
| 100 % salaire | 80 000 € | 0 € | 0 € | ≈ 44 400 € (avant IR) |
| 100 % dividendes | 0 € | 15 750 € | ≈ 44 075 € | ≈ 44 075 € |
| Mixte | 20 000 € | 10 750 € | ≈ 33 785 € | ≈ 44 900 € dont ≈ 11 100 € de salaire |
Exemple · détail du scénario mixte
Protection sociale : ce que la rémunération du dirigeant finance vraiment
Raisonner uniquement en net perçu est une erreur fréquente. Les cotisations financent des droits concrets : retraite, indemnités en cas d'arrêt, capital décès. Un dirigeant payé uniquement en dividendes n'acquiert aucun trimestre et reste sans indemnité journalière en cas de maladie.

Retraite
Le salaire ouvre des trimestres et des points Agirc-Arrco. Les dividendes n'ouvrent aucun droit.
Arrêt de travail
Le président salarié perçoit des indemnités journalières du régime général s'il cotise suffisamment.
Prévoyance
Un contrat de prévoyance et une mutuelle peuvent compléter la couverture, avec un coût déductible sous conditions.
Le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage et n'en bénéficie pas au titre de son mandat. Une assurance perte d'emploi privée peut être souscrite. Pour piloter ces arbitrages en cours d'année, un tableau de bord du dirigeant est un outil précieux.
Construire une stratégie mixte de rémunération du dirigeant
La stratégie la plus fréquente associe un salaire « socle » et des dividendes complémentaires. Elle se construit chaque année, en fonction du résultat prévisionnel et de la situation personnelle. Elle doit être formalisée par une décision de l'associé unique fixant la rémunération du président.
Estimer le résultat de l'exercice
Une situation intermédiaire permet d'anticiper le bénéfice avant de fixer le salaire.
Définir le salaire socle
Couvrir les besoins personnels réguliers et valider au minimum 4 trimestres de retraite.
Optimiser la tranche à 15 %
Viser un résultat imposable proche de 42 500 € lorsque c'est cohérent avec la trésorerie.
Distribuer ou mettre en réserve
Comparer PFU et barème, ou conserver le bénéfice pour investir et renforcer les fonds propres.
Notre mission de conseil fiscal intègre cette simulation chaque année, en lien avec le suivi du résultat. Pour les montants de référence, consultez aussi le PASS 2026 publié par Bpifrance Création.
Rémunération du dirigeant de SASU : ce qu'il faut retenir
En SASU, le salaire coûte environ 1,8 fois le net mais finance retraite et protection sociale ; les dividendes sont taxés à l'IS puis au PFU de 31,4 % en 2026, sans créer de droits. À bénéfice égal, les montants perçus sont souvent proches : la différence se joue sur la retraite, la prévoyance et votre taux d'imposition personnel.
La bonne rémunération du dirigeant se calcule chaque année, chiffres réels à l'appui. EXPERION vous reçoit à Noisy-le-Grand ou en visio, jusqu'à 21 h en semaine : réservez votre premier rendez-vous gratuit pour simuler votre stratégie.
Questions fréquentes sur la rémunération du dirigeant
Oui. Sans rémunération, aucune cotisation sociale n'est due. En contrepartie, le président ne valide aucun trimestre de retraite et ne perçoit pas d'indemnités journalières.
Le PFU est de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif avec un abattement de 40 %, si cela est plus favorable.
Aucune option n'est toujours gagnante. Le salaire protège et réduit l'IS, les dividendes coûtent moins en prélèvements mais ne créent aucun droit. Une stratégie mixte, ajustée au résultat de l'année, est souvent la plus équilibrée.
Il faut 1 803 € brut par trimestre, soit 7 212 € brut sur l'année 2026. Ce montant correspond à 150 fois le Smic horaire en vigueur au 1er janvier.
Oui, pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associés, lorsque l'EURL est à l'IS. Le président de SASU, lui, ne supporte que les prélèvements sociaux.
- Bpifrance Création : comment me rémunérer en tant que dirigeant
- Bpifrance Création : plafonds de la Sécurité sociale 2026
- Service-Public Entreprendre : impôt sur les sociétés
- Service-Public Entreprendre : fiscalité de la SAS
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Article rédigé par Fallet Kamagate, expert-comptable diplômé inscrit au Tableau de l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, fondateur du cabinet EXPERION à Noisy-le-Grand. Informations à jour au 1er octobre 2026, données à titre général : chaque situation mérite une analyse personnalisée.
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